Regards sur 5 ans de transformation immobilière, par Katelle Le Guillou, directrice générale de la FTI
Cinq ans après la création de la FTI, quel regard portez-vous sur le chemin parcouru et sur la place qu’occupe désormais la transformation immobilière dans la réponse à la crise du logement ?
Lorsque la FTI a été créée, la transformation immobilière apparaissait encore comme une démarche de niche, souvent perçue comme complexe ou marginale dans la production de logements. Cinq ans plus tard, le regard a profondément changé. La crise du logement, la raréfaction du foncier disponible, la vacance croissante des immeubles de bureaux et l’impératif de sobriété ont replacé la transformation au cœur des solutions d’avenir. Notre plus grande satisfaction est d’avoir démontré, par l’action, que cette voie était non seulement pertinente, mais opérationnelle.
À travers les projets engagés, nous avons montré qu’il était possible de produire des logements de qualité à partir de l’existant, au plus près des bassins d’emploi, en conciliant utilité sociale, exigence économique et responsabilité environnementale. Aujourd’hui, la transformation immobilière n’est plus une intuition portée par quelques acteurs convaincus ; elle devient progressivement une filière reconnue et appelée à changer d’échelle.
Transformer l’existant suppose de composer avec de nombreuses contraintes. Quels ont été, selon vous, les principaux freins rencontrés - et comment la FTI a-t-elle appris à les dépasser ?
Transformer l’existant demande une approche beaucoup plus fine que construire dans le neuf. Chaque bâtiment présente des contraintes structurelles, techniques ou réglementaires spécifiques. Cela impose un forte capacité d’analyse et d’ingénierie en amont.
Le deuxième défi est économique : chaque opération nécessite de trouver un équilibre entre faisabilité technique, viabilité économique et ambition environnementale.
Enfin, il y a un enjeu plus profond : faire évoluer nos réflexes collectifs. Pendant longtemps, notre modèle immobilier s’est structuré autour de la construction neuve.
Reconnaître pleinement la transformation comme un acte de construire à part entière implique d’adapter nos cadres, nos outils, nos modèles économiques et notre regard sur la ville.
Qu’est-ce qui doit changer aujourd’hui pour que la transformation immobilière change véritablement d’échelle ?
Elle doit d’abord être pleinement reconnue comme une réponse structurelle aux défis du logement, de la sobriété foncière et de la transition environnementale.
Cela suppose d’adapter nos cadres réglementaires, fiscaux et financiers afin de mieux prendre en compte les spécificités de ces opérations. Mais au-delà des cadres, c’est aussi une dynamique collective qu’il faut amplifier.
La filière se structure, les expertises se consolident et les méthodes se diffusent. L’enjeu est désormais de passer de projets exemplaires à une véritable capacité de transformation à grande échelle, afin de révéler pleinement le potentiel du déjà-là et produire des logements durables au service des territoires.
Retrouvez l’intégralité de la vision, des engagements et des perspectives de la FTI dans notre Rapport annuel 2025.