Escrimeurs, peintres, photographes, stylistes, entrepreneurs… mélanges de styles à République
Du sport au rez-de-chaussée
Depuis avril 2024, une partie du rez-de-chaussée accueille l’association Paris Escrime Sporting Club, qui y dispense des cours d’escrime deux fois par semaine pour tous les niveaux. Ce vaste espace constitue la salle secondaire de l’association et vient compléter ses installations principales situées dans le 20ᵉ arrondissement.
Le reste des espaces du rez-de-chaussée accueille ponctuellement des expositions, des événements culturels et des manifestations artistiques, à l’image des Nuits Blanches Forest, organisées en juin 2025. A cette occasion, le rez-de-chaussée ainsi que le les deux premiers étagent avaient été investis pour mettre en avant des artistes de l’Espace République mais également d’autres lieux gérés par Forest, notamment La Krèmerie, un autre site appartenant à la FTI.
Ainsi, ces espaces permettent d’expérimenter de nouveaux usages, de donner de la visibilité aux projets créatifs et de favoriser les rencontres entre artistes, publics et acteurs du territoire. Cette programmation souple contribue à faire du site un lieu vivant, en mouvement, au rythme des initiatives qui s’y déploient.
Bureaux privatifs dans les étages
Aux premier, deuxième et troisième étage, des espaces de bureaux sont également mis à disposition des artistes. Parmi eux, Elodie, réalisatrice et photographe, présente depuis mars 2025.
« C’est comme si j’avais un deuxième appartement. Quand j’ouvre la porte, je sais que c’est mon espace et que je peux y faire le bruit que je veux », confie-t-elle.
C’est ici, dans son bureau, qu’elle rassemble l’ensemble de son matériel, organise ses archives, mène plusieurs de ses travaux ou reçoit. Cet environnement est à la fois un espace personnel qui lui ressemble et une source d’inspiration créative : « Le sous-sol de l’espace donne aussi de l’imagination, on rencontre des artistes qui nous tirent vers le haut. Il y a eu un avant et un après ».
Quelques mètres plus loin, Camillo Gorleri occupe lui aussi un espace de travail et y développe ses activités professionnelles. Ancien collaborateur du groupe Action Logement, Camillo est aujourd’hui responsable pédagogique en Master Stratégies territoriales et urbaines à Science Po et Président fondateur du Réseau Friche.
Cette association œuvre à la revalorisation des zones urbaines de plein air délaissées en espaces de création à la faveur du lien social et des territoires. Ainsi, son installation sur le site du 76 avenue de la République lui a permis de disposer d’un espace adapté pour développer ses projets professionnels, tout en croisant des visions artistiques et partenariales. L’occupation temporaire est devenue un terrain fertile pour les échanges, lui permettant d’entrer en contact avec d’autres porteurs de projets créatifs et d’alimenter une réflexion collective sur les usages, la ville et les territoires.
Jean-Paul Van der Elst, quant à lui, utilise son espace comme un véritable laboratoire créatif où il laisse libre cours à son imagination : robots, tableaux, totems ou grandes tours… Il occupe depuis 1 an et demi cet espace privilégié, à quelques pas de chez lui.
Street Art, stylisme, artistes plastiques en sous-sol
Pour Joanna Maroko, artiste et designer diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, c’est la grandeur du lieu qui fait toute la différence. « Quand on n’a pas d’espace on ne fait pas. Mon bureau d’avant était petit et on n’y faisait rien dedans. »
L’espace qu’elle occupe, vaste et haut de plafond, lui permet de stocker ses créations mais aussi des objets récupérés, pour pouvoir plus tard, les transformer. C’est aussi ici que Joanna expose ses œuvres.
Le site offre des conditions d’accueil rares, notamment grâce à une rampe facilitant le transport et la manutention des œuvres. Peu de lieux réunissent aujourd’hui de telles caractéristiques, capables de répondre à des besoins aussi variés. Chaque espace vacant fait ainsi l’objet d’appels à candidature, tant les sollicitations sont nombreuses. Pour Coralie Marabelle, designer de mode et artiste, le lieu incarne pleinement cette approche hybride : « un espace à la fois bureau et événementiel », qui permet de créer, de travailler et de montrer, sans cloisonner les usages.
Du vide à la vie
Ainsi, le site se distingue par la richesse et la diversité des usages qu’il accueille. Défilés, brocantes ou performances investissent régulièrement les anciens espaces de parking, en lien avec les occupants. C’est cette intelligence collective dans les pratiques permet de créer des synergies et de faire cohabiter des besoins variés — silence, absence de poussière, ouverture au public — tout en laissant une large place à l’initiative des artistes.
Le lieu s’inscrit également dans une dynamique solidaire et partenariale, avec des projets menés aux côtés d’acteurs comme Emmaüs (ventes de friperies), des lancements de revues et de magazines, ou encore des spectacles mêlant théâtre et danse… En trois ans, ce sont ainsi 74 événements qui ont vu le jour, dont près d’une trentaine en 2025, témoignant du dynamisme du lieu.
À venir : projets de danse, clips musicaux… le 76 avenue de la République n’a pas fini de vivre et de faire vivre le quartier, en attendant sa transformation en logements accessibles et durables.